Hypertension et sel rose de l’Himalaya vraiment plus sain
De plus en plus populaire, le sel rose de l’Himalaya est présenté comme une alternative plus saine au sel de table classique, notamment pour les personnes souffrant d’hypertension. Mais cette réputation est-elle scientifiquement justifiée ? Pour le savoir, il faut examiner sa composition, ses effets sur la santé cardiovasculaire et l’avis des experts sur son usage quotidien.
Différences entre sel de table et sel rose de l’Himalaya
Le sel rose de l’Himalaya est extrait des mines de Khewra, au pied de l’Himalaya au Pakistan. Sa couleur provient de différentes traces de minéraux autres que le chlorure de sodium. Comparons ses compositions :
| Type de sel | Chlorure de sodium (%) | Minéraux | Additifs |
|---|---|---|---|
| Sel de table | 97–99 | Surtout iode, parfois fluor | Anti-agglomérants |
| Sel rose de l’Himalaya | 95–98 | Fer, potassium, magnésium, calcium (traces) | Généralement aucun |
On constate que la différence principale réside dans une petite présence supplémentaire de minéraux, sans toutefois représenter une quantité notable pour la santé. Par exemple, il faudrait consommer plusieurs centaines de grammes de sel rose pour couvrir les besoins quotidiens en fer ou magnésium, ce qui serait dangereux pour la tension artérielle.
Impact du sel sur l’hypertension
Le lien entre consommation de sel et hypertension artérielle est largement prouvé. C’est le chlorure de sodium, présent en grande majorité dans tous les types de sel, qui en est le principal responsable. Une consommation excessive augmente la pression sanguine, facteur de risque majeur d’accidents vasculaires cérébraux et de maladies cardiovasculaires.
- Organisation Mondiale de la Santé : recommande de ne pas dépasser 5 g de sel par jour chez l’adulte.
- Chez les personnes hypertendues : encore moins, parfois 2 à 3 g selon l’avis médical.
Remplacer le sel de table par du sel rose n’apporte donc pas de bénéfice évident sur l’hypertension, car le taux de sodium reste pratiquement similaire.
Arguments souvent avancés sur le sel rose
Certains discours de promotion du sel rose font valoir :
- Sa richesse en minéraux bénéfiques
- Son absence d’additifs chimiques
- Sa composition plus “naturelle”
Cependant, le bénéfice pour la santé, y compris la tension artérielle, n’est prouvé par aucune étude indépendante récente. La proportion de minéraux est trop faible pour compenser l’apport en sodium. De plus, bien que le sel rose soit exempt d’additifs, cela n’influence pas la pression artérielle.
Étude de cas épidémiologique
Une étude de 2021 menée en France auprès de 300 adultes hypertendus a évalué l’effet d’un remplacement du sel classique par le sel rose de l’Himalaya pendant 3 mois. Résultat : aucune réduction significative de la tension artérielle n’a été observée. L’apport en sodium demeurait identique, rendant l’impact cardiovasculaire nul. Les participants ne présentaient pas d’amélioration plus marquée de leur santé globale.
Conseils pratiques pour l’hypertension
Face à l’hypertension, il est plus efficace d’adopter les recommandations suivantes :
- Limiter la quantité totale de sel, quel que soit son type
- Privilégier les herbes, épices et aromates pour relever les plats
- Lire attentivement les étiquettes alimentaires pour surveiller les apports en sodium cachés dans les préparations industrielles
- Diversifier son alimentation avec des produits frais, naturellement pauvres en sel
Il est donc préférable de faire preuve de vigilance plutôt que de se fier aux idées reçues sur les vertus “miracle” du sel rose.
Le sel rose de l’Himalaya n’offre aucun avantage prouvé pour lutter contre l’hypertension. Seule la réduction globale de l’apport en sel – quelle que soit sa couleur – permet de préserver sa santé cardiovasculaire.